Facturation
3/2/2026
- mis à jour le
Quand est-il obligatoire de faire un devis ?

Sommaire
Pour tout créateur d’entreprise, consultant indépendant ou dirigeant de TPE, la clarté des échanges commerciaux est un enjeu clé. Bien plus qu’un simple document de vente, le devis constitue la première pierre d’une relation professionnelle saine : il fixe le cadre, précise les engagements de chacun et sécurise la collaboration avant même son démarrage.
Devis : à quel moment engage-t-il juridiquement les deux parties ?
À l’origine, un devis est une proposition commerciale : il détaille une prestation, un prix et des conditions. Tant qu’il n’est pas accepté, il n’a pas de valeur contractuelle.
À partir de quand un devis devient-il contraignant ? En pratique, la réponse est claire : dès que le client signe, le devis change de nature.
En droit français, cette signature vaut acceptation de l’offre et transforme le devis en contrat. Ce principe est directement issu du Code civil, qui repose sur la rencontre d’une offre et d’une acceptation (article 1113) et rappelle que les contrats légalement formés s’imposent aux parties (article 1103).
Concrètement, chacun s’engage. Le professionnel doit exécuter la prestation selon les conditions prévues, et le client s’engage à en régler le prix.
En cas de désaccord, le devis signé devient un élément de référence : il permet de faire valoir ses droits, qu’il s’agisse d’exiger l’exécution du contrat ou une indemnisation.
Le devis est-il obligatoire ? Les cas prévus par la loi
En règle générale, l’établissement d’un devis n’est pas systématiquement obligatoire. Il reste toutefois fortement recommandé afin de sécuriser la relation commerciale et d’éviter tout malentendu.
En revanche, la loi impose la rédaction d’un devis dans certains secteurs d’activité, notamment lorsque les prestations sont complexes, personnalisées ou que leur coût ne peut être déterminé à l’avance. Ces obligations visent à renforcer l’information et la protection du client.
Le bâtiment et les métiers de l’artisanat
Dans le bâtiment, le devis est une obligation. Rénovation, entretien, dépannage : tous les métiers sont concernés, y compris en cas d’urgence. La raison est simple : les travaux peuvent vite coûter cher et évoluer en cours d’intervention. Le devis sert alors de point de repère, pour que chacun sache à quoi s’en tenir avant de démarrer.
La santé et le médico-social
Dans le domaine de la santé, l’obligation de devis est strictement encadrée. Dès lors qu’un acte peut représenter un coût significatif ou nécessiter un équipement spécifique, le professionnel doit informer le patient en amont.
Concrètement, le devis est systématiquement obligatoire, quel que soit le montant, pour certaines prestations comme l’optique (lunettes, lentilles) ou les prothèses auditives.
Il est également exigé pour plusieurs actes de soins, notamment en chirurgie dentaire, en pédicurie-podologie, ainsi que pour les actes de chirurgie esthétique, dès lors que le montant dépasse 300 € ou qu’une anesthésie générale est prévue.
Enfin, lorsque les dépassements d’honoraires excèdent 70 €, les praticiens libéraux sont tenus de remettre un devis préalable au patient.
Les services aux particuliers
Ici cela dépend surtout du montant. Dans le cadre des services à la personne, un devis devient obligatoire dès que la prestation dépasse 100 € TTC par mois. En dessous de ce seuil, il n’est pas imposé automatiquement, mais le client peut en faire la demande, et le professionnel doit alors le fournir gratuitement.
Certaines activités, en revanche, ne laissent aucune marge de manœuvre. C’est le cas notamment du déménagement, de la location de véhicules sans chauffeur ou encore des services funéraires, pour lesquels un devis préalable est exigé, quel que soit le montant final.
Le montant compte aussi : les règles à connaître
En dehors des secteurs où le devis est obligatoire, le montant de la prestation peut, à lui seul, déclencher une obligation de formalisation par écrit. Autrement dit, même si votre activité n’est pas spécifiquement réglementée, certaines situations imposent de poser un cadre contractuel clair.
C’est notamment le cas lorsqu’un contrat de prestation de services ou de travaux conclu avec un particulier dépasse 1 500 €. Au-delà de ce seuil, un document écrit précisant le prix est requis. Dans la majorité des situations, il s’agit tout simplement d’un devis, qui permet de formaliser les engagements de chacune des parties avant le début de la prestation.
Autre point à ne pas négliger : la demande du client.
Quel que soit le montant de la prestation, lorsqu’il s’agit d’une prestation de services ou de travaux, le professionnel est tenu de fournir un devis si le consommateur en fait la demande.
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¿ Devis gratuit ou facturé ?
Dans la plupart des cas, un devis est gratuit. C’est devenu la norme, et c’est aussi ce que les clients attendent. Un devis clair, sans frais, rassure et facilite souvent le passage à l’acte.
Mais il faut le dire : un devis peut aussi être payant. La loi l’autorise, à condition d’être transparent dès le départ. Si l’établissement du devis demande du temps, une vraie analyse technique ou un déplacement sur place, le professionnel peut facturer ce travail préparatoire.
C’est typiquement le cas lorsqu’il faut réaliser un diagnostic approfondi, une expertise ou une étude personnalisée — comme dans l’automobile, le bâtiment ou certaines prestations techniques.
Le point clé, en revanche, ne change jamais : le client doit être prévenu avant. Le prix du devis doit être annoncé clairement et accepté avant toute intervention. Si ce n’est pas le cas, le client est parfaitement en droit de refuser de payer.
Les mentions indispensables pour qu’un devis soit juridiquement valable
Pour qu’un devis puisse être reconnu comme un contrat valable une fois accepté par le client, il doit comporter un certain nombre d’informations obligatoires. Un document incomplet peut, en cas de litige, fragiliser votre position juridique.
Le devis doit notamment mentionner :
- l’identification des parties (nom, adresse et numéro de SIRET du professionnel) ;
- la date d’émission du document et sa durée de validité ;
- une description précise des prestations ou des produits, avec les quantités et les prix unitaires ;
- le détail des montants (prix hors taxes, taux de TVA applicable et total TTC) ;
- les délais prévus pour le début et la réalisation de la prestation ;
- l’espace réservé à l’acceptation du client, incluant la mention “Bon pour accord”, la date et la signature.
Attention : négliger l’établissement d’un devis lorsqu’il est obligatoire peut exposer l’entreprise à des conséquences importantes, tant sur le plan financier qu’administratif. Les contrôles de la répression des fraudes peuvent notamment donner lieu à des amendes administratives pouvant atteindre :
- 3 000 € pour un entrepreneur individuel ou un freelance ;
- 15 000 € pour une société (personne morale).
Par ailleurs, profiter d’une situation d’urgence pour facturer des tarifs abusifs sans document préalable constitue une infraction pénale, passible de sanctions pouvant aller jusqu’à 150 000 € d’amende et des peines d’emprisonnement.
Exemple de devis
Voici un exemple de devis :





