Facturation Electronique
13/10/2026
- mis à jour le
Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) : comment ça marche ?

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Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises françaises doivent passer par un intermédiaire reconnu par l’administration fiscale pour recevoir leurs factures — et, selon leur taille, pour les émettre. Cet acteur contrôle les données, sécurise les échanges et transmet les informations requises à l’administration.
Depuis juillet 2025, les PDP sont officiellement appelées « plateformes agréées » : ce changement de nom et ses conséquences sont expliqués en détail dans notre article dédié ; nous utiliserons donc uniquement l’abréviation PA dans la suite de ce guide.
Qu’est-ce qu’une plateforme agréée ?
Une PA est un prestataire privé immatriculé par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Elle est autorisée à émettre, recevoir et transmettre des factures électroniques entre entreprises. Elle assure également l’extraction et l’envoi des données de facturation, de transaction et de paiement attendues par l’administration fiscale dans le cadre de l’e-reporting.
Cette immatriculation n’est pas une simple déclaration de conformité. Elle est délivrée pour trois ans renouvelables, après validation de critères réglementaires, techniques et de sécurité. La plateforme doit notamment protéger les données, garantir la traçabilité et communiquer avec les autres acteurs du dispositif. Un logiciel ne devient donc pas une PA parce que son éditeur le présente comme « conforme ».
Avant de choisir un prestataire, le premier réflexe consiste à consulter la liste officielle des plateformes agréées. Elle permet de distinguer les opérateurs effectivement reconnus des solutions qui préparent les factures sans être habilitées à les transmettre elles-mêmes.
solutions qui préparent les factures sans être habilitées à les transmettre elles-mêmes.
À quoi sert une plateforme agréée ?
La PA intervient à trois moments clés : elle organise la circulation des factures électroniques, communique les données utiles à la DGFiP et peut prendre en charge leur conservation dans des conditions permettant de préserver leur valeur probante.
L’émission et la réception des factures électroniques
Une facture électronique n’est pas un simple PDF envoyé par e-mail. Elle doit comporter des données structurées, exploitables automatiquement par les systèmes informatiques. La PA génère ou reçoit ces factures dans l’un des formats prévus par la réforme : Factur-X, UBL ou CII.
Avant l’envoi, elle vérifie la présence et la cohérence des informations obligatoires : identité du fournisseur et du client, numéros d’identification, dates, montants, taux de TVA ou encore conditions de paiement. Si une anomalie bloque le traitement, la facture peut être rejetée afin d’être corrigée avant de poursuivre son parcours.
La PA assure aussi l’interopérabilité. Lorsque la plateforme du destinataire utilise un format différent, elle effectue la conversion nécessaire. L’entreprise n’a donc pas à adapter chaque facture aux outils de ses clients. À la réception, le document est intégré dans son environnement de gestion ou de comptabilité.
La transmission des données à la DGFiP
En parallèle de l’acheminement de la facture, la PA extrait les données que l’administration doit recevoir : identification des parties, montant hors taxes, TVA, taux appliqué, date d’émission ou statut de paiement, selon la nature de l’opération. Elle transmet également les données d’e-reporting relatives aux transactions qui n’entrent pas dans le circuit classique de la facture électronique, notamment certaines ventes aux particuliers ou opérations internationales.
Ces informations sont envoyées automatiquement via le concentrateur de données du Portail public de facturation. Pour l’entreprise, il n’y a ni double saisie ni dépôt manuel à effectuer, à condition que son outil et sa PA soient correctement paramétrés. Pour mieux comprendre cette infrastructure devenue invisible pour l’utilisateur final, consultez notre article consacré au rôle du PPF dans la réforme.
L’archivage à valeur probante
La conservation ne doit pas être confondue avec le simple stockage d’un fichier. Un archivage à valeur probante doit garantir l’intégrité de la facture, sa lisibilité et son accessibilité pendant toute la durée requise, notamment en cas de contrôle fiscal ou de litige commercial.
Les factures doivent être conservées pendant dix ans au titre des obligations commerciales. Une PA peut assurer cette conservation lorsqu’elle intègre un service d’archivage à valeur probante. Ce service n’est pas automatique : si la PA se limite à l’émission, à la réception et à la transmission, l’entreprise doit la relier à un système d’archivage adapté. La responsabilité de pouvoir produire la facture reste celle de l’entreprise. Notre guide de l’archivage des factures électroniques détaille les contrôles à effectuer.
Plateforme agréée, PPF et solution compatible : quelles différences ?
Ces trois notions sont complémentaires, mais ne désignent pas le même niveau d’habilitation. La PA est l’intermédiaire privé reconnu par l’État. Elle seule peut transmettre les factures vers la plateforme du client, les recevoir pour une entreprise et communiquer les données réglementaires à l’administration.
Le PPF, lui, est une infrastructure publique. Depuis la réorientation du dispositif, il n’est plus le portail gratuit sur lequel les entreprises déposent ou récupèrent directement leurs factures. Il héberge notamment l’annuaire permettant d’identifier la plateforme de réception de chaque entreprise et joue le rôle de concentrateur pour les données destinées à l’administration fiscale.
Enfin, une solution compatible est un logiciel de facturation, un ERP ou un outil métier capable de créer et traiter des factures conformes. Elle peut rester l’interface quotidienne de l’entreprise, mais doit obligatoirement être connectée à une PA pour assurer leur circulation réglementaire. Avant de conserver votre outil actuel, vérifiez son interconnexion et les services couverts ; notre article sur les solutions compatibles vous aide à faire le point.
Qui doit utiliser une plateforme agréée et depuis quand ?
Toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA sont concernées par la réforme, qu’elles soient redevables ou non de la taxe et quelle que soit leur taille : micro-entreprise, TPE, PME, ETI ou grand groupe. L’obligation porte principalement sur les opérations réalisées entre assujettis établis en France. D’autres transactions, comme certaines ventes B2C ou internationales, relèvent de l’e-reporting.
Le calendrier se déroule en deux temps. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être capables de recevoir des factures électroniques par l’intermédiaire d’une PA. À cette même date, les grandes entreprises et les ETI sont entrées dans l’obligation d’émission électronique et d’e-reporting.
Les PME, les TPE et les micro-entreprises devront à leur tour émettre leurs factures électroniques et transmettre leurs données à compter du 1er septembre 2027. Ce délai supplémentaire ne signifie pas qu’elles peuvent attendre cette date pour agir : puisqu’elles reçoivent déjà des factures électroniques, leur plateforme de réception doit être choisie et déclarée.
Comment circule une facture via une plateforme agréée ?
Une fois l’écosystème configuré, le parcours est largement automatisé. Voici les six étapes d’une facture classique entre deux entreprises françaises :
- Création de la facture. Le fournisseur prépare la facture dans son logiciel de gestion, son ERP ou directement dans l’interface de sa PA, avec toutes les mentions obligatoires.
- Contrôle de conformité. La PA vérifie le format, les données obligatoires et leur cohérence. Elle signale les erreurs bloquantes et convertit le document si nécessaire.
- Consultation de l’annuaire. À partir de l’identifiant du client, la PA interroge l’annuaire central afin de déterminer l’adresse électronique de facturation et la plateforme choisie par le destinataire.
- Transmission au client. La facture est acheminée vers la PA du client, qui la met à disposition ou l’intègre dans son outil comptable. Les statuts permettent ensuite de suivre son cycle de vie.
- Envoi des données à la DGFiP. Les informations fiscales exigées sont adressées automatiquement au concentrateur de données du PPF, qui les transmet à l’administration.
- Archivage. La facture est conservée dans des conditions garantissant son intégrité et son accessibilité, par la PA si ce service est inclus ou par une solution d’archivage associée.
L’annuaire est donc une pièce maîtresse du parcours. Si le client n’a déclaré aucune plateforme de réception, la facture ne peut pas lui parvenir par le circuit réglementaire. Le fournisseur devra alors le contacter afin qu’il régularise sa situation ; envoyer simplement le document par e-mail ne remplace pas la transmission obligatoire.
Combien coûte une plateforme agréée ?
Il n’existe pas de tarif unique. Le prix dépend des services, du volume et des intégrations. Chez certains éditeurs, l’accès à la PA est inclus dans l’abonnement au logiciel de facturation. D’autres proposent un forfait comprenant un nombre défini de documents, puis facturent les volumes supplémentaires.
La tarification peut également reposer sur un coût par transaction, à l’émission comme à la réception, ou sur des paliers mensuels. Des prestations complémentaires peuvent s’ajouter : paramétrage, connexion à l’ERP, accompagnement, gestion de plusieurs entités, archivage à valeur probante ou accès avancé aux statuts et aux tableaux de bord.
Pour comparer deux offres, vérifiez si le service de PA est inclus ou facturé en supplément, quels flux sont comptabilisés et ce qui se passe en cas de dépassement. Avec plusieurs milliers de factures, un faible coût unitaire peut représenter un budget conséquent sur l’année.
Comment choisir sa plateforme agréée ?
Le bon choix dépend de votre organisation, de vos outils et de vos volumes. Quelques vérifications permettent toutefois d’écarter rapidement une solution inadaptée :
- Vérifier l’inscription officielle : le prestataire doit apparaître sur la liste publiée par la DGFiP sur impots.gouv.fr.
- Contrôler le périmètre couvert : la solution doit gérer à la fois l’émission et la réception, ainsi que l’e-reporting nécessaire à votre activité.
- Examiner les formats : assurez-vous qu’elle prend en charge Factur-X, UBL et CII, ainsi que les formats utilisés par vos outils et partenaires.
- Tester l’intégration : la connexion avec votre logiciel de facturation, votre ERP, votre comptabilité et vos processus de validation doit être fluide.
- Évaluer le modèle tarifaire : comparez l’abonnement, le coût par facture, les paliers de volume et les services additionnels.
- Vérifier l’archivage : identifiez clairement si la conservation à valeur probante est comprise ou si une solution complémentaire est nécessaire.
- Anticiper l’accompagnement : support, migration des données, paramétrage et suivi du déploiement peuvent faire la différence au moment de la bascule.
Sellsy est une plateforme agréée immatriculée par la DGFiP. Les entreprises peuvent ainsi gérer leur facturation, transmettre et recevoir leurs factures électroniques et centraliser leurs processus commerciaux et financiers dans un même environnement. L’enjeu n’est plus seulement d’être conforme : il s’agit aussi de simplifier le traitement quotidien des factures et de fiabiliser les données sans multiplier les outils.






