Facturation Electronique
6/10/2026
- mis à jour le
Portail Public de Facturation (PPF) : Qu'est-ce que c'est et à quoi ça sert ?

Sommaire
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Le Portail Public de Facturation devait être l’outil central de la réforme. Une plateforme publique, gratuite, accessible à toutes les entreprises pour créer, envoyer et recevoir leurs factures électroniques. Du moins, c’était le projet de départ.
Mais depuis, le scénario a complètement changé. Le PPF existe toujours et conserve même un rôle essentiel. Simplement, vous ne l’utilisez pas pour gérer vos factures. Il travaille en arrière-plan, au cœur de l’infrastructure mise en place par l’État.
Son rôle aujourd’hui ? Tenir l’annuaire de la facturation électronique et centraliser les données fiscales transmises à l’administration. Pour envoyer ou recevoir une facture, l’entreprise doit passer par une plateforme agréée.
Ce qu’il faut retenir :
- Le PPF existe toujours.
- Ce n’est plus une plateforme de facturation.
- Vous ne pouvez ni émettre ni recevoir de factures via le PPF.
- Il sert d’annuaire central et de concentrateur de données pour la DGFiP. Une plateforme agréée reste indispensable pour être en conformité.
Alors, comment fonctionne-t-il exactement ? On vous explique tout.
Qu’est-ce que le Portail Public de Facturation ?
Le Portail Public de Facturation, plus souvent appelé PPF, est l’infrastructure numérique créée par l’État pour accompagner la généralisation de la facturation électronique entre les entreprises françaises.
Le projet est piloté par la Direction générale des Finances publiques, la DGFiP. L’Agence pour l’informatique financière de l’État, l’AIFE, réalise et opère les outils numériques associés à la réforme.
Le PPF assure la cohérence des échanges entre les entreprises, les plateformes agréées et l’administration fiscale. Il permet notamment de savoir quelle plateforme doit recevoir une facture et de rassembler les données fiscales attendues par la DGFiP.
Mais attention à un point : le PPF n’est pas un logiciel de facturation. Ce n’est pas non plus une interface sur laquelle une entreprise crée un compte pour déposer ses factures. Son fonctionnement reste largement invisible pour l’utilisateur final.
Imaginez le PPF comme une tour de contrôle. Il ne transporte pas lui-même les factures et vous n’y déposez aucun document directement. En revanche, il aide les plateformes à identifier la bonne destination et centralise les informations fiscales qui doivent être transmises à l’administration.
Le PPF ne doit pas non plus être confondu avec Chorus Pro. Celui-ci reste la plateforme utilisée pour les factures adressées au secteur public. Les entreprises qui travaillent avec une administration, une collectivité ou un établissement public peuvent retrouver les démarches à suivre dans notre guide consacré à Chorus Pro.
À quoi sert le PPF aujourd’hui ?
Aujourd’hui, le PPF remplit deux missions bien précises. D’un côté, il tient à jour l’annuaire central de la facturation électronique. De l’autre, il concentre les données fiscales transmises par les plateformes agréées avant leur envoi à l’administration.
En clair, il permet de répondre à deux questions essentielles : où faut-il envoyer la facture et quelles informations doivent être communiquées à la DGFiP ?
L’annuaire central des assujettis
Première mission du PPF : gérer l’annuaire de la facturation électronique.
Cet annuaire recense les entreprises et les entités publiques concernées par la réforme. Pour chacune d’elles, il indique notamment la plateforme agréée choisie et l’adresse électronique de facturation utilisée pour recevoir les documents.
L’identification repose sur les données de l’entreprise, notamment son SIREN et, lorsque le niveau de routage le nécessite, son SIRET. Cette distinction permet de tenir compte des organisations qui possèdent plusieurs établissements, services ou adresses de facturation.
Prenons un exemple. Une entreprise crée une facture destinée à un client. Sa plateforme agréée consulte l’annuaire pour identifier la plateforme choisie par ce client et l’adresse à utiliser. La facture peut alors être envoyée vers le bon destinataire, même si les deux entreprises n’utilisent pas la même solution.
Sans cet annuaire, chaque plateforme devrait connaître et maintenir séparément les coordonnées techniques de toutes les autres. Le système deviendrait vite complexe, surtout avec des millions d’entreprises et de multiples adresses de facturation.
L’annuaire central sert donc de référentiel commun
Le concentrateur de données fiscales
Deuxième mission : le PPF centralise les données destinées à l’administration fiscale.
Lorsqu’une facture électronique circule entre deux entreprises, certaines de ses informations doivent être communiquées à la DGFiP. Il peut s’agir, par exemple, de l’identité du fournisseur et du client, du montant hors taxes, du taux et du montant de TVA ou encore de la nature de l’opération.
Le PPF reçoit également les données d’e-reporting. Celles-ci concernent les opérations qui ne passent pas par le circuit français de l’e-invoicing, comme les ventes aux particuliers, certaines transactions internationales ou les données de paiement relatives à des prestations de services.
Dans les deux cas, l’entreprise ne transmet pas directement les données au PPF. C’est sa plateforme agréée qui les collecte, les contrôle et les adresse au concentrateur. Celui-ci les rassemble ensuite pour l’administration fiscale.
La différence entre les deux flux est importante. Avec l’e-invoicing, une facture électronique circule entre un fournisseur et son client. Avec l’e-reporting, ce sont avant tout des données fiscales qui remontent vers l’administration. Notre article consacré au fonctionnement de l’e-reporting permet de mieux comprendre les opérations concernées.
Le PPF ne devient donc pas un destinataire commercial de la facture. Son rôle consiste à organiser et à centraliser les informations nécessaires au suivi de la TVA.
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Pourquoi le rôle du PPF a-t-il changé ?
À l’origine, le PPF devait aller beaucoup plus loin. Inspiré de Chorus Pro, il devait proposer un service public gratuit permettant aux entreprises de créer, déposer, envoyer et recevoir leurs factures électroniques.
Autrement dit, il aurait pu être utilisé directement par une TPE ou un indépendant ne souhaitant pas passer par une plateforme privée.
Ce projet a été abandonné. Dans un communiqué du 15 octobre 2024, l’État a annoncé le recentrage du PPF sur deux fonctions : l’annuaire et le concentrateur de données. Cette nouvelle orientation a ensuite été intégrée au cadre de la réforme.
Pourquoi ce changement ? Trois raisons principales l’expliquent :
- La complexité technique. Créer un portail capable de gérer les factures de millions d’entreprises, avec des volumes élevés et de nombreux cas particuliers, représentait un chantier considérable.
- La maturité des plateformes privées. De nombreux opérateurs avaient déjà investi dans des solutions capables de gérer l’émission, la réception et la transmission des données fiscales.
- La simplification de l’architecture. En se concentrant sur l’annuaire et les données destinées à la DGFiP, l’État a pu clarifier la répartition des rôles et sécuriser le calendrier de la réforme.
Le PPF n’a donc pas disparu. Il a changé de fonction. Au lieu d’être l’outil de facturation utilisé par les entreprises, il est devenu l’infrastructure publique qui permet à l’ensemble du système de fonctionner.
PPF, plateforme agréée et solution compatible : quelles différences ?
C’est probablement le point qui crée le plus de confusion. Ces trois acteurs peuvent intervenir dans le même circuit, mais ils n’ont ni le même statut ni les mêmes responsabilités.
La plateforme agréée, anciennement appelée PDP, est l’intermédiaire réglementaire. Elle peut émettre, transmettre et recevoir les factures électroniques pour le compte de l’entreprise. Elle assure également l’envoi des données d’e-invoicing et d’e-reporting vers l’administration.
La solution compatible est un logiciel ou un outil capable de préparer des factures et des données conformes aux exigences de la réforme. Elle peut être utilisée pour créer une facture, gérer les clients ou automatiser certaines tâches. En revanche, elle ne peut pas transmettre seule les flux réglementaires : elle doit être raccordée à une plateforme agréée. Pour bien comprendre cette distinction, consultez notre présentation du rôle d’une solution compatible.
Le PPF, enfin, reste en arrière-plan. Il gère l’annuaire et centralise les données fiscales, mais il n’émet ni ne reçoit les factures pour le compte des entreprises.
Peut-on émettre ou recevoir des factures via le PPF ?
La réponse est non.
Il n’existe plus de portail public gratuit permettant aux entreprises de créer, d’émettre ou de recevoir directement leurs factures électroniques. Pour respecter la réforme, il faut passer par une plateforme agréée, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une solution compatible raccordée à cette plateforme.
Cela ne signifie pas nécessairement que chaque facture entraînera un coût supplémentaire. Les modèles commerciaux varient d’un prestataire à l’autre. Certaines plateformes proposent une offre spécifique, tandis que d’autres intègrent la conformité dans un logiciel ou un abonnement déjà utilisé par l’entreprise.
Le prix ne doit toutefois pas être le seul critère. Il faut également vérifier l’intégration avec les outils existants, la sécurité, le suivi des statuts, la gestion de l’e-reporting et la qualité de l’accompagnement. Ces éléments sont détaillés dans notre guide pour choisir une plateforme agréée.
Que devez-vous faire concrètement avec le PPF ?
En réalité, rien directement. Vous n’avez pas à créer de compte sur le PPF, à y déposer vos factures ni à lui envoyer vos données fiscales.
Votre démarche consiste à choisir une plateforme agréée. C’est elle qui enregistre votre entreprise et vos adresses électroniques de facturation dans l’annuaire. Elle vérifie ensuite les informations nécessaires au routage de vos factures.
Cette inscription est essentielle. Si votre entreprise n’est pas correctement rattachée à une plateforme dans l’annuaire, les factures de vos fournisseurs risquent de ne pas parvenir au bon endroit.
Alors, que faut-il vérifier maintenant ?
- que votre plateforme est bien agréée par l’administration ;
- que votre entreprise apparaît avec le bon SIREN et, si nécessaire, les bons SIRET ;
- que les adresses de facturation correspondent à votre organisation ;
- que votre logiciel est correctement connecté à la plateforme ;
- que vos équipes savent où retrouver les factures reçues et comment traiter un éventuel rejet.
Il faut savoir que Sellsy est une plateforme agréée. C’est-à-dire vous continuez à créer, envoyer, recevoir et suivre vos factures dans votre environnement habituel. En arrière-plan, la solution assure le raccordement nécessaire, le routage des documents et la transmission des données réglementaires.
Vous n’avez donc pas à apprendre à utiliser le PPF. L’essentiel est de choisir une plateforme agréée, de vérifier votre inscription dans l’annuaire et de tester vos flux. Une fois ces éléments en place, le PPF peut remplir son rôle : invisible au quotidien, mais indispensable au fonctionnement de la réforme.






